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Maladies chroniques
Le sida

Femmes séropositives,
les « oubliées de l’épidémie »

prévention sida femmes

Le 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le Sida, est l’occasion de rappeler que cette maladie reste la première cause de mortalité des femmes de 15 à 49 ans. Si les traitements ont fait d’indéniables progrès, les femmes les supportent moins bien et restent facilement stigmatisées.

Depuis 2003, les femmes diagnostiquées séropositives sont à 73 % issues de l’immigration selon l’étude « Femmes VIH+ en France : qui sont-elles ? », menée par France Lert, sociologue, économiste et épidémiologiste ANRS-MIE. Une tendance confirmée par le
Dr Florence Brunel, praticien hospitalier en maladies infectieuses et tropicales et sexologue aux Hospices civils de Lyon. « Par le passé, nos consultations étaient très masculines et concernaient principalement des homosexuels. Mais l’épidémie s’est féminisée. On a évoqué le cas des femmes de plus de 50 ans qui présentent le risque de contracter le VIH plus tardivement par méconnaissance des messages de prévention et parce qu’elles n’osent pas imposer le préservatif dans leurs nouvelles relations. Mais soyons objectifs : elles risquent surtout de contracter les autres IST comme la chlamydia ou le gonocoque ». Les femmes séropositives sont pour les deux tiers issues de l’immigration d’origine subsaharienne ou d’Afrique du Nord. « Elles ont une certaine méconnaissance de la pathologie et sont triplement stigmatisées en tant que femmes, migrantes et séropositives. Ce sont les oubliées de l’épidémie », souligne l’infectiologue.

Des traitements moins bien tolérés

Les femmes séropositives vivent mal avec le VIH et supportent moins bien les traitements. Elles développent plus d’effets secondaires que les hommes, même si des progrès ont été constatés ces dernières années. « Au début de l’épidémie, les femmes étaient sous-représentées dans les essais cliniques. Elles pouvaient alors présenter des effets indésirables, car elles étaient surdosées et avaient des modifications corporelles avec les premières molécules », résume le Dr Brunel. « Heureusement, il existe désormais des molécules un peu plus adaptées et moins agressives pour les femmes. L’observance thérapeutique est également compliquée chez les femmes, car quand elles ont des effets secondaires, au lieu de les signaler à leur médecin, elles arrêtent le traitement », explique le Dr Brunel. Autre constat, les femmes utilisent peu la prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement médicamenteux qui empêche l’infection par le virus du sida chez les personnes séronégatives. « La PrEP a permis de faire baisser l’épidémie de presque 40 % chez les hommes homosexuels, mais les femmes y ont peu recours en France. Elle est pourtant très demandée par les jeunes femmes africaines qui ne peuvent pas imposer le préservatif dans leur culture. Il est vrai qu’il existe des freins : la PrEP chez la femme doit être prise en continu, en raison de données physiologiques et pharmacologiques propres aux femmes, et pas à la demande comme chez l’homme. Le traitement est donc plus astreignant. De plus, les femmes séronégatives ne sont pas toujours au courant de la possibilité d’avoir accès au traitement préventif contre le VIH », souligne la sexologue.

Une surveillance médicale indispensable

Les femmes séropositives sont plus à risque de contracter des infections bactériennes et parasitaires, mais pas seulement. Une femme séropositive a plus de chance de développer une infection à papillomavirus ou une ménopause précoce. Elle doit donc être particulièrement prise en charge et suivie en gynécologie, mais aussi en proctologie pour prévenir les cancers du canal anal. Les femmes séropositives ont également plus de risques de développer une ostéoporose après la ménopause et leur risque cardiovasculaire augmente avec l’âge.

La prévention toujours au cœur de l’action

Pour se protéger et protéger autrui du VIH et autres infections sexuellement transmissibles, la méthode la plus efficace reste la prévention. Différents outils existent et sont à disposition pour ne prendre aucun risque :

→ les préservatifs externes ou internes, parmi les plus connus et les plus faciles d’accès ;

→ le traitement d’urgence ou TPE : en cas de risque d’exposition au VIH, il est possible de se rendre aux urgences et de suivre un traitement impliquant la prise d’une trithérapie durant un mois afin d’empêcher une éventuelle contamination en bloquant immédiatement la réplication du VIH. Plus il est administré tôt, plus il est efficace. Si possible dans les 4 heures après l’exposition au risque, de préférence dans les 24h et au plus tard dans les 48h ;

→ la PrEP : la Prophylaxie pré-exposition est une stratégie de réduction du risque de contracter le VIH fondée sur l’utilisation d’un médicament antirétroviral à prendre au cours d’une période d’exposition à un risque de contamination. La PrEP s’adresse à toutes les personnes n’utilisant pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH ;

→ le traitement VIH (TasP) : on le sait aujourd’hui, quand on est séropositif, la trithérapie est un outil préventif aussi efficace que le préservatif. L’efficacité des traitements sur le virus le rend indétectable, et il ne subsiste qu’une quantité extrêmement faible du VIH dans le sang ou le sperme, insuffisante pour provoquer une infection. Dès lors, même en cas de rapport sexuel non protégé par un préservatif, la personne séropositive n’a quasiment aucun risque de contaminer son/sa partenaire séronégatif ;

→ le dépistage : gratuit, anonyme et sans rendez-vous, c’est le moyen le plus efficace de savoir si l’on est infecté et de protéger les autres.

Pour des conseils et des informations : aides.org ou au 0805 160 011 (gratuit depuis un poste fixe)

Source : Sidaction, Santé publique France, Onusida

La Mgéfi sur le terrain

La Mgéfi a créé une campagne d’affichage en partenariat avec l’association Comin-G et les mutuelles d’action sociale (MASFIP, Mutuelle des Douanes et la Mutuelle de l’INSEE) afin de sensibiliser les agents aux moyens de prévention contre le sida. Ces affiches seront diffusées sur différents sites administratifs partout en France.

Des conseillers Mgéfi tiendront également un stand d’information dans les écoles de l’administration le
1er décembre pour informer les agents stagiaires, tester leurs connaissances en matière de prévention Sida grâce à un quiz et leur distribuer des préservatifs.

RDV :
Le 30/11 à l’ENFIP Clermont-Ferrand
Le 1/12 à l’ENCCRF Montpellier
Le 4/12 à l’ENFIP Noisy
Le 5/12 à l’ENFIP Toulouse
Le 6/12 à l’ENFIP Noisiel
Le 12/12 à l’ENFIP Lyon

Consultez également notre dossier spécial prévention sida

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