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"Fake news” et santé : démêlez le vrai du faux

Actualité - Fake News

Les fausses informations, aussi appelées fake news, infox ou hoax, ont toujours existé. Mais avec Internet, et plus particulièrement les réseaux sociaux, elles se propagent à vitesse grand V et auprès de tous. Partagées et commentées sans être vérifiées, elles représentent un réel danger, en particulier lorsqu’elles concernent la santé. Comment s’y retrouver ?

"Découvrez les bienfaits miraculeux du citron !”, “ Perdez 8 kg en 7 jours sans régime !”, “Ce qu’on nous cache sur les virus créés en laboratoire !” Vous avez certainement déjà vu passer des titres racoleurs sur Internet, qui attisent notre curiosité et jouent avec nos inquiétudes. Peut-être même avez-vous déjà cliqué dessus pour en savoir plus.

Mais derrière ces “articles” se cachent souvent de pseudo sites médicaux promettant des miracles pour mieux vendre leurs produits, et parfois même des lobbies qui diffusent de fausses études pour défendre leurs propres intérêts. Si la santé est un domaine idéal à la prolifération des fake news, c’est qu’il est très difficile de vérifier leur véracité soi-même, tant les sujets sont spécifiques. Ainsi, les fausses informations de santé nous inondent et il n’est pas toujours évident de les repérer.

Si vous vous sentez concerné, rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls. Un sondage(1) a révélé que 44 % des Français ont déjà été confrontés à des fake news et près de la moitié d’entre eux y ont cru. Parmi les sujets santé qui intéressent le plus, et sont donc plus susceptibles d’être la cible de fausses informations : les médicaments et les soins (vaccination, médecine alternative…), les pathologies (diabète, VIH, anorexie…) ou encore la nutrition (régime, compléments alimentaires…).

Malheureusement, au-delà de discréditer la médecine et la recherche, ces informations peuvent avoir de graves conséquences sur notre santé, comme le renoncement aux soins.

La mise en garde des spécialistes

Interrogé au cours d’une conférence(2) sur les fake news en santé, le Dr Jean-Baptiste Méric, oncologue et directeur du pôle santé publique et soins de l’Institut National du Cancer (INCa), a tenu à alerter sur les contenus dits préventifs : “Sur le cancer, il y a beaucoup de fake news. Et parfois, on est prêt à croire en n’importe quel remède, comme la consommation de curcuma ou de jus de citron, pour prévenir ou lutter contre la maladie, plutôt que d’entendre qu’il faudrait faire du sport, arrêter de fumer ou de boire… Les réponses apportées par la médecine ne sont pas toujours séduisantes. D’autant plus que la guérison n’est pas assurée à 100 %”. Donc, ces méthodes plus attrayantes et moins contraignantes que celles prescrites par les médecins séduisent, allant jusqu’à modifier les comportements : renoncer aux soins, se tourner vers une médecine alternative, qui peut parfois s’avérer contre-productive lorsqu’elle n’est pas encadrée par un médecin, ou refuser un suivi médical, quitte à risquer de mettre ses jours en danger.

Autre exemple sensible : la vaccination.
La diffusion de fausses études, largement démenties par la communauté scientifique depuis, laisse encore aujourd’hui certaines personnes sceptiques, convaincues que les vaccins seraient à l’origine d’autres troubles. C’est le cas du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole dont une rumeur ancienne, qui a encore la dent dure, prétend qu’il déclencherait l’autisme. Ainsi, avec la baisse de vaccination, le corps médical assiste à la réapparition de certaines maladies infectieuses qu’il pensait disparues.
Plus récemment, en pleine crise du Covid-19, une rumeur jouant avec la peur de la contamination affirmait que la consommation d’alcool frelaté éradiquait le virus dans l’organisme. Des centaines de personnes en sont mortes et des milliers ont été empoisonnées en Iran.

Selon un sondage (1), 67% des Français font confiance à leur mutuelle et à son dispositif d’information pour partager des contenus fiables et de qualité, après leur médecin (92%), leur pharmacien et les établissements de santé (84%) et leur famille proche (68%)


Une lutte contre la désinformation qui s’organise

Les médias ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre les fausses informations pour alerter le public, démentir et corriger. De nombreux sites ont mis en place un système de “fact checking” (vérification de faits) comme France 24, l’Agence France Presse, France Info ou encore le Check News de Libération.

Les journalistes du Monde ont même créé Décodex, un moteur de recherche qui permet de vérifier la fiabilité des sites.

Mais face à ce problème sociétal, qui pourrait rapidement devenir un sujet de santé publique, la communauté scientifique a, elle aussi, décidé de faire front et de participer à la diffusion de bonnes informations. C’est le cas de L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui a créé la chaîne YouTube “Canal Detox”, avec la volonté de mener un combat contre la désinformation dans un format accessible à tous.

Ces courtes vidéos reprennent les codes des réseaux sociaux par leur ton léger et humoristique et donnent la parole aux spécialistes des questions abordées. Une façon ludique et pleine de dérision de couper court aux rumeurs et de mettre en lumière les chercheurs. L’INCa, a également lancé une rubrique de décryptage pour participer au travail de déconstruction de ces fake news.

(1) Sondage ViaVoice réalisé pour Essentiel Santé Magazine en novembre 2019 auprès de 1000 personnes.
(2)Conférence-débat “Fake news en santé “en présence du Dr Laurent Chambaud de l’École des hautes études en santé publique, de Priscille Rivière de l’Institut nationale de la santé et de la recherche médicale, du Dr Jean-Baptiste Méric de l’Institut National du Cancer et de Chantal Gatignol de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, organisé par Essentiel Santé Magazine.

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