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Maladies chroniques

Sida : En quête de la guérison

SIda : en quête de guerison

En 2018, 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH à travers le monde. Un chiffre en constante augmentation grâce à la généralisation des antiviraux, qui s’avèrent très efficaces. Malgré tout, chaque année, on dénombre encore 1 million de décès liés au sida et les transmissions restent nombreuses : 2 millions de personnes sont encore contaminées chaque année. La lutte mondiale contre le VIH a évité 30 millions de nouvelles infections et près de 10 millions de décès depuis 2000.

En quelques chiffres

- 75 millions
de personnes ont été infectées par le VIH depuis le début de l’épidémie

- 32 millions sont décédées des suites d’une maladie liée au SIDA

Et en France ?

Malgré une baisse encourageante du nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité en 2018 (-7%) et la baisse des contaminations dans certaines populations clé (-16 % entre 2013 et 2018 chez les hommes ayant eu des rapports sexuels avec d’autres hommes, aussi appelés HSH), les chiffres publiés par Santé Publique France en octobre 2019 présentent également une réalité alarmante. Les nouveaux cas découverts sont en très nette augmentation chez certaines populations nées à l’étranger (+ 38 % chez les HSH et une stagnation chez les femmes hétérosexuelles). Cela met l’accent sur la dangerosité des politiques d’accueil migratoires actuelles qui laissent des milliers de personnes, pour lesquelles la prévention n’était pas un sujet majeur dans leur pays d’origine, sans autre accès aux outils de prévention et de dépistage que ceux fournis par les associations.


Recherche : l’espoir de redevenir séronégatif

Il y a 34 ans, une équipe de chercheurs français découvrait et identifiait le VIH. Cette première étape scientifique en a permis beaucoup d’autres. Création des tests efficaces pour le dépistage, premiers essais de traitements jusqu’à la deuxième étape charnière : les premières trithérapies efficaces. En 1996, les trithérapies sont administrées et semblent contrôler le virus, de plus en plus efficacement, mais sans jamais parvenir à l'éradiquer.

Depuis, le monde scientifique s’attèle à trouver une nouvelle voie pour réussir à atteindre l’éradication du sida par une thérapie qui permettrait de redevenir séronégatif. Pour l’heure, ces recherches progressent mais restent infructueuses. Malgré les effets d’annonces et le traitement parfois sensationnaliste des médias sur ce sujet, qui créent à juste titre d’énormes attentes, ces « fausses bonnes nouvelles » alimentent aussi malheureusement de faux espoirs. Par ailleurs, même s’il ne sera pas prêt dans l’immédiat, « la recherche sur le vaccin préventif contre le sida reste une priorité, selon l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS).

Elle est d'ordre fondamental, mais aussi clinique. Avec l'objectif de mettre au point un vaccin qui soit accessible à tous, les chercheurs doivent progresser dans la connaissance des mécanismes immunitaires, tout en continuant à améliorer les candidats-vaccins et à évaluer, dans le cadre d'essais rigoureux, la tolérance et la capacité immunogène de ces derniers. »


Le « patient de Berlin », premier homme redevenu séronégatif

Aujourd’hui, un seul homme a "guéri du sida". Timothy Ray-Brown est le premier homme "redevenu séronégatif." Et c’est un cas très particulier. Longtemps anonyme derrière le pseudo du "patient de Berlin", il a relaté son expérience avant et après une lourde opération qui a, pour la première fois de l’histoire, permis à un séropositif de se débarrasser du virus.

Contaminé en 1995, Timothy Ray-Brown avait suscité l’espoir quand des chercheurs avaient révélé sa guérison fonctionnelle en 2007, après une transplantation de cellules souches. Ce dernier, atteint d’une forme de leucémie chronique nécessitant un don de moelle, avait fini par accepter l’opération risquée. Beaucoup de patients n’obtiennent aucune compatibilité avec un potentiel donneur.

Mais lui en a eu 267 ! Cela a donné l’idée à son médecin de trouver parmi les donneurs, un ou une ayant une mutation génétique (CCR5 Delta 32) des lymphocytes CD4, très rare, qui les immunisent presque complètement du VIH. Trois mois après la greffe, on ne constatait plus de VIH chez le patient. Timothy Ray-Brown a malheureusement succombé à une récidive de sa leucémie le 29 septembre 2020. Mais il reste aujourd’hui le seul au monde à n’avoir plus de trace de virus dans son corps.


La prévention toujours au cœur de l’action

Pour se protéger et protéger les autres du VIH et autres infections sexuellement transmissibles, la méthode la plus efficace reste la prévention. Différents outils existent sont à disposition pour ne prendre aucun risque :

  • Les préservatifs externes ou internes, parmi les plus connus et les plus faciles d’accès ;

  • Le traitement d’urgence ou TPE : en cas de risque d’exposition au VIH, il est possible de se rendre aux urgences et de suivre un traitement impliquant la prise d’une trithérapie durant un mois afin d’empêcher une éventuelle contamination en bloquant immédiatement la réplication du VIH. Plus il est administré tôt, plus il est efficace. Si possible dans les 4 heures après l’exposition au risque, de préférence dans les 24h et au plus tard dans les 48h ;

  • La PrEP : la Prophylaxie Pré-Exposition est une stratégie de réduction du risque de contracter le VIH basée sur l’utilisation d’un médicament antirétroviral à prendre au cours d’une période d’exposition à un risque de contamination. La PrEP s’adresse à toutes les personnes n’utilisant pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH ;

  • Le traitement VIH (TasP) : On le sait aujourd’hui, quand on est séropositif, la trithérapie est un outil préventif aussi efficace que le préservatif. L’efficacité des traitements sur le virus le rend indétectable : il ne subsiste qu’une quantité extrêmement faible du VIH dans le sang ou le sperme, insuffisante pour provoquer une infection. Dès lors, même lors d’un rapport sexuel non protégé par un préservatif, la personne séropositive n’a quasiment aucun risque de contaminer son-sa partenaire séronégatif ;

  • Le dépistage : Gratuit, anonyme et sans rendez-vous, c’est le moyen le plus efficace de savoir si l’on est infecté et de protéger les autres.


Pour des conseils et des informations, rendez-vous sur aides.org ou au 0805 160 011 (gratuit depuis un poste fixe)

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