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Tout savoir sur le départ à la retraite pour les fonctionnaires territoriaux

Dans la Fonction publique territoriale, les conditions de départ à la retraite varient selon votre année de naissance, votre cadre d’emplois, votre filière, votre catégorie d’emploi et la nature des missions exercées au sein de votre collectivité.

Un agent administratif en mairie, un agent technique des services de voirie, un sapeur-pompier professionnel, un agent médico-social ou un agent des réseaux souterrains ne sont pas toujours concernés par les mêmes contraintes de fin de carrière. 

À retenir : depuis la réforme des retraites de 2023 et la suspension de certaines de ses mesures, les âges de départ et les durées d’assurance doivent être vérifiés selon les générations concernées. Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, certains repères évoluent, sans modifier la formule de calcul de la pension.

Jusqu’à quel âge peut-on travailler dans la Fonction publique territoriale ?

Dans la Fonction publique territoriale, il faut distinguer l’âge légal de départ et la limite d’âge.

L’âge légal correspond à l’âge à partir duquel vous pouvez demander votre retraite. La limite d’âge correspond, elle, à l’âge auquel vous devez en principe cesser votre activité, sauf prolongation ou maintien en fonctions.

Ces règles varient selon que vous relevez de la catégorie sédentaire ou de la catégorie active, mais aussi selon votre cadre d’emplois et les fonctions réellement exercées.

Limite d'âge dans la catégorie sédentaire

La majorité des fonctionnaires territoriaux relèvent de la catégorie sédentaire. Cela concerne notamment de nombreux agents des filières administrative, culturelle, animation, sportive, technique, sociale ou médico-sociale, lorsque leur emploi n’est pas classé en catégorie active.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, l’âge légal de départ des agents territoriaux sédentaires dépend de l’année de naissance :

Année de naissanceÂge légal de départ
1964 et 1er trimestre 196562 ans et 9 mois
Du 1ᵉʳ avril au 31 décembre 196563 ans
196663 ans et 3 mois
196763 ans et 6 mois
196863 ans et 9 mois
À partir de 196964 ans

Concrètement, un agent territorial sédentaire né en 1966 peut demander sa retraite à partir de 63 ans et 3 mois, tandis qu’un agent né en 1968 peut partir à partir de 63 ans et 9 mois, sous réserve de remplir les autres conditions applicables.

L’âge maximal de départ à la retraite, aussi appelé limite d'âge, reste fixé à 67 ans pour les agents de catégorie sédentaire.

Limite d'âge dans le service actif

Certains fonctionnaires territoriaux relèvent de la catégorie active lorsque leur emploi présente des risques particuliers ou des fatigues exceptionnelles.

Pour bénéficier d’un départ anticipé au titre de la catégorie active, il ne suffit pas d’exercer un métier de terrain. Il faut avoir accompli la durée de services actifs requise, généralement 17 années, dans un emploi classé en catégorie active.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, l’âge légal de 59 ans concerne les agents de catégorie active nés à partir de 1974. Les générations précédentes sont concernées par des paliers progressifs.

L’âge maximal de départ à la retraite reste fixé à 62 ans pour les agents de catégorie active.

Les modalités de poursuite d’activité au-delà de l'âge maximal

Dans certains cas, un fonctionnaire territorial peut demander une prolongation d’activité au-delà de sa limite d’âge. Cette possibilité concerne les agents qui souhaitent continuer à travailler après l’âge maximal normalement applicable à leur catégorie : 67 ans pour les agents sédentaires et 62 ans pour les agents de catégorie active.

Cette prolongation peut notamment permettre de compléter le nombre de trimestres nécessaires pour limiter ou éviter une décote, sous réserve de remplir les conditions prévues.

  • Pour les agents de catégorie sédentaire, un maintien en fonctions peut être possible jusqu’à 70 ans.
  • Pour les agents de catégorie active, certaines prolongations peuvent permettre de poursuivre l’activité jusqu’à 67 ans, selon les règles applicables à l’emploi occupé.

La demande doit être adressée par écrit à votre employeur territorial (commune, département, région, intercommunalité, CCAS ou établissement public local) au moins 6 mois avant la limite d’âge applicable. Vous devez également être jugé apte physiquement.

À noter : en l’absence de réponse de l’administration pendant plus de 3 mois, votre demande de prolongation d’activité peut être considérée comme acceptée.

Dans la Fonction publique territoriale, cette poursuite d’activité doit aussi être compatible avec les besoins du service. Selon la situation, elle peut nécessiter une réflexion sur l’organisation du poste, notamment pour les agents exerçant des métiers physiques ou de terrain :

  • adaptation du temps de travail,
  • changement d’affectation,
  • mobilité interne,
  • aménagement de missions ou reclassement.

 

La cotisation retraite des fonctionnaires territoriaux

Les fonctionnaires territoriaux cotisent pour leur retraite de base auprès de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL). Ils cotisent également au Régime Additionnel de la Fonction Publique (RAFP), qui permet d’acquérir des droits additionnels sur une partie des primes et indemnités.

En 2026, la cotisation retraite à la charge de l’agent reste fixée à 11,10 % du traitement indiciaire brut. La contribution employeur à la CNRACL est, quant à elle, fixée à 37,65 %.

Dans la Fonction publique territoriale, cette distinction est importante : la pension de base est calculée sur le traitement indiciaire, tandis que les primes liées au régime indemnitaire, aux sujétions ou aux fonctions exercées peuvent uniquement ouvrir des droits additionnels via la RAFP, dans les limites prévues par ce régime.

 

Comment est calculée la pension de retraite ?

La pension de retraite de base des fonctionnaires territoriaux est calculée par la CNRACL à partir du traitement indiciaire brut détenu depuis au moins 6 mois, du nombre de trimestres liquidables et du nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein.

Le calcul est le suivant :

Dernier traitement indiciaire brut x (nombre de trimestres rémunérés dans la pension / nombre de trimestres requis pour bénéficier d'une retraite au taux maximal) x 75 %

La suspension de certaines mesures de la réforme des retraites ne modifie pas cette formule. En revanche, elle peut modifier le nombre de trimestres requis selon l’année de naissance. En cas de carrière incomplète, le montant de la pension peut être minoré par une décote. À l’inverse, une poursuite d’activité au-delà des conditions du taux plein peut ouvrir droit à une surcote.

Pour les agents territoriaux, il est aussi important d’anticiper l’effet des primes sur le revenu à la retraite. Une part importante du régime indemnitaire peut créer un écart entre la rémunération d’activité et la pension de base, car les primes ne sont pas intégrées dans la formule de calcul principale.

 

Les agents de la Fonction publique territoriale peuvent-ils bénéficier d'une retraite anticipée ?

Les fonctionnaires territoriaux peuvent bénéficier d’une retraite anticipée dans plusieurs situations. Ces dispositifs concernent notamment les agents ayant commencé à travailler jeune, les agents en situation de handicap, les agents confrontés à une invalidité ou certaines situations familiales anciennes.

Dans la Fonction publique territoriale, ces situations doivent aussi être mises en regard du parcours professionnel : filière technique, sécurité, médico-sociale, sociale, fonctions de terrain, exposition physique, horaires atypiques, ou périodes de reclassement.

Départ anticipé pour carrière longue

Le dispositif de carrière longue peut permettre à un agent territorial de partir avant l’âge légal s’il a commencé à travailler jeune et s’il justifie d’une durée d’assurance cotisée suffisante.

Par exemple, un agent ayant commencé à travailler avant 20 ans peut être concerné, à condition d’avoir validé un nombre suffisant de trimestres cotisés, dont une partie avant l’âge fixé par les textes. Les conditions exactes varient selon l’année de naissance et la durée cotisée.

Avec la suspension de certaines mesures de la réforme, les seuils applicables doivent être vérifiés selon la génération de l’agent avant de déposer une demande.

Départ anticipé en cas de handicap

Un fonctionnaire territorial peut demander une retraite anticipée s’il justifie d’une incapacité permanente d’au moins 50 %, sous réserve de remplir les conditions de durée d’assurance et de durée cotisée.

Ce dispositif nécessite de pouvoir justifier de la reconnaissance du handicap sur les périodes concernées. Le relevé de carrière, les décisions administratives et les justificatifs médicaux sont donc essentiels pour vérifier l’ouverture du droit.

Retraite pour invalidité ou inaptitude

Dans la Fonction publique territoriale, la question de l’inaptitude peut se poser en fin de carrière, notamment pour les agents exerçant des métiers physiques ou de terrain : voirie, propreté urbaine, restauration collective, espaces verts, petite enfance, action sociale ou services techniques.

Avant une éventuelle retraite pour invalidité, la collectivité peut être amenée à étudier des solutions d’aménagement de poste, de changement d’affectation ou de reclassement. Si l’agent est reconnu définitivement inapte à ses fonctions et qu’aucun reclassement n’est possible, une retraite pour invalidité peut être envisagée.

Autres cas de départ anticipé

D’autres situations peuvent permettre un départ anticipé, notamment si vous êtes parent d’un enfant handicapé avec une invalidité d’au moins 80 %, ou si vous avez accompli au moins 15 ans de services et êtes atteint d’une maladie incurable.

Ces dispositifs restent encadrés et nécessitent souvent des justificatifs médicaux ou administratifs. Votre employeur territorial ou la CNRACL peut vous indiquer les pièces à transmettre selon votre situation.

 

Une collectivité territoriale peut-elle verser une prime de départ à la retraite ?

Le versement d'une prime de départ à la retraite par une collectivité territoriale n'est pas obligatoire. Aucun texte ne prévoit une prime ou une indemnité de départ à la retraite applicable à l’ensemble des agents territoriaux.

En revanche, une collectivité peut décider de gratifier un agent partant à la retraite en reconnaissance de ses services. Ce versement dépend alors des règles internes de la collectivité, du régime indemnitaire applicable et des décisions de l’employeur territorial.

Dans certains cas, cette reconnaissance peut prendre la forme d’un versement intégré au complément indemnitaire annuel (CIA), composante du régime indemnitaire tenant compte notamment des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel de l’agent.

FAQ

Peut-on continuer à travailler après l'âge légal de départ à la retraite dans la Fonction publique territoriale ?

Oui. Un fonctionnaire territorial peut continuer à travailler après son âge légal de départ s’il n’a pas encore atteint sa limite d’âge ou s’il bénéficie d’une prolongation d’activité. Cette…

Oui. Un fonctionnaire territorial peut continuer à travailler après son âge légal de départ s’il n’a pas encore atteint sa limite d’âge ou s’il bénéficie d’une prolongation d’activité. Cette situation peut être utile en cas de carrière incomplète ou lorsque l’agent souhaite éviter une décote.

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Qu'est-ce que la catégorie active dans la Fonction publique territoriale ?

La catégorie active regroupe certains emplois présentant un risque particulier ou une fatigue exceptionnelle. Dans la Fonction publique territoriale, elle peut concerner certainssapeurs-pompiers…

La catégorie active regroupe certains emplois présentant un risque particulier ou une fatigue exceptionnelle. Dans la Fonction publique territoriale, elle peut concerner certains

  • sapeurs-pompiers professionnels,
  • agents des réseaux souterrains,
  • égoutiers,
  • fossoyeurs
  • ou emplois expressément classés actifs.

Ces agents peuvent bénéficier d’un départ plus précoce, sous réserve d’avoir accompli la durée de services actifs requise.

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Quels sont les avantages d'être fonctionnaire territorial pour la retraite ?

Les fonctionnaires territoriaux affiliés à la CNRACL bénéficient d’un régime spécifique de retraite. Leur pension est notamment calculée sur le traitement indiciaire brut détenu depuis au moins 6…

Les fonctionnaires territoriaux affiliés à la CNRACL bénéficient d’un régime spécifique de retraite. Leur pension est notamment calculée sur le traitement indiciaire brut détenu depuis au moins 6 mois. Ils peuvent aussi bénéficier, selon leur situation, de droits additionnels via la RAFP, de possibilités de recul de limite d’âge ou de dispositifs de départ anticipé.

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Quels sont les avantages de partir à la retraite à 67 ans ?

Pour un fonctionnaire territorial de catégorie sédentaire, partir à 67 ans permet d’atteindre l’âge d’annulation de la décote. Cela signifie que la pension n’est pas minorée par trimestres manquants,…

Pour un fonctionnaire territorial de catégorie sédentaire, partir à 67 ans permet d’atteindre l’âge d’annulation de la décote. Cela signifie que la pension n’est pas minorée par trimestres manquants, même si la durée d’assurance requise n’est pas entièrement validée. Cette option peut être particulièrement utile en cas de carrière incomplète.

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