Retraite des enseignants : que faut-il savoir ?
Les enseignants de l’Éducation nationale relèvent du régime de retraite de la Fonction publique d’État. Leur âge de départ et le montant de leur pension dépendent notamment de leur année de naissance, de leur corps d’appartenance, de leur catégorie d’emploi et du nombre de trimestres validés.
Les règles peuvent varier selon les situations : professeur des écoles, enseignant du second degré, ancien instituteur ou enseignant-chercheur. Depuis la réforme des retraites de 2023 et la suspension de certaines de ses mesures, plusieurs repères doivent également être vérifiés selon les générations concernées.
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Retraite des fonctionnaires de l'Éducation nationale : quelles spécificités ?
Les enseignants fonctionnaires de l’Éducation nationale relèvent du régime de retraite de la Fonction publique d’État. Ils cotisent au Service des retraites de l'État (SRE) pour leur pension de base, et au Régime Additionnel de la Fonction Publique (RAFP) pour une partie des primes et indemnités.
La pension de base est calculée à partir du traitement indiciaire brut détenu pendant les six derniers mois. Les primes ne sont donc pas intégrées à cette pension de base, ce qui peut créer un écart entre la rémunération d’activité et le montant de la pension, surtout lorsque les indemnités représentent une part significative du revenu.
Certaines périodes peuvent également être prises en compte dans la carrière :
- services accomplis comme fonctionnaire stagiaire,
- périodes à l’école normale pour les anciens instituteurs,
- bonifications éventuelles,
- ou services relevant de la catégorie active.
Le maintien en activité
Dans la Fonction publique d’État, un agent ayant atteint la limite d’âge de son emploi peut, sous conditions, demander un maintien en activité, un recul de limite d’âge ou une prolongation d’activité.
Pour les enseignants, le calendrier scolaire peut avoir un impact sur la date de fin d’activité. Les personnels enseignants du premier et du second degré peuvent notamment être maintenus en fonctions jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle ils atteignent leur limite d’âge. Cette règle permet d’éviter une interruption en cours d’année scolaire lorsque les conditions sont réunies.
Ce maintien peut être utile si vous n’avez pas encore acquis le nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein. Il reste toutefois soumis aux règles applicables, notamment à l’aptitude physique et à l’autorisation de l’administration.
À quel âge peut-on prendre sa retraite ?
Pour les enseignants, l'âge d'ouverture des droits à la retraite dépend principalement de la catégorie d’emploi : sédentaire ou active. Les enseignants de catégorie active peuvent partir plus tôt que les enseignants de catégorie sédentaire, sous réserve de remplir les conditions prévues.
Dans tous les cas, l’âge légal ne suffit pas toujours pour obtenir une retraite à taux plein. Il faut aussi avoir validé le nombre de trimestres requis, parfois appelés annuités, ou atteindre l’âge d’annulation de la décote.
Professeurs des écoles et enseignants du second degré : la catégorie sédentaire
Les enseignants du second degré (collèges, lycées, classes préparatoires ou sections de techniciens supérieurs selon les situations) et les professeurs des écoles, formé dans un Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), un Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé) ou à l'université, relèvent généralement de la catégorie sédentaire de la Fonction publique d’État.
Pour ces enseignants, l’âge légal dépend de l’année de naissance. Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, il est fixé à 62 ans et 9 mois pour les agents nés en 1964 et au premier trimestre 1965, puis augmente progressivement pour atteindre 64 ans pour les agents nés à partir de 1969.
La durée d’assurance requise, c’est-à-dire le nombre de trimestres ou d’annuités nécessaires pour obtenir une pension à taux plein, dépend également de l’année de naissance. Si vous ne disposez pas du nombre de trimestres requis à votre âge d’ouverture des droits, vous pouvez prolonger votre activité, sous réserve des conditions applicables et des autorisations de l’administration.
En cas d'invalidité ou d'incapacité permanente, des mesures spécifiques peuvent permettre un départ anticipé.
Les anciens instituteurs : un cas particulier de la catégorie active
Un instituteur est un professionnel de l’éducation qui a suivi une formation dans une école normale, une institution qui n’existe plus depuis 1989. Les instituteurs en activité sont progressivement devenus professeurs des écoles, sur acte de candidature. En 2024, seule une poignée d’enseignants du primaire exerce encore sous ce statut.
Les instituteurs, ainsi que les professeurs des écoles ayant exercé comme instituteurs pendant au moins 15 ans, peuvent relever de la catégorie active. Cette catégorie reconnaît certaines contraintes spécifiques liées à l’ancien statut d’instituteur et permet un âge d’ouverture des droits plus précoce, sous réserve de remplir les conditions requises.
Pour les anciens instituteurs relevant encore de la catégorie active, l’âge légal progresse selon l’année de naissance. Avec la suspension de certaines mesures de la réforme de 2023, l’âge légal de 59 ans concerne les agents nés à partir de 1974. Les générations précédentes sont concernées par des paliers progressifs.
La durée d’assurance requise varie elle aussi selon l’année de naissance. Les agents concernés doivent donc vérifier leur situation au cas par cas, notamment s’ils relèvent d’un départ anticipé lié à la catégorie active et s’ils disposent du nombre de trimestres nécessaires pour limiter ou éviter une décote.
Les enseignants-chercheurs : des carrières souvent plus longues
Les enseignants-chercheurs, comme les maîtres de conférences et les professeurs des universités, relèvent également du régime de la Fonction publique d’État. Leur situation se distingue toutefois par des débuts de carrière souvent plus tardifs, après un doctorat, des contrats temporaires ou des années de post-doctorat.
Selon le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, l’âge moyen de départ à la retraite pour ces agents était de 65,8 ans en 2021. Cette donnée illustre des trajectoires souvent plus longues, notamment parce que l’entrée dans la carrière intervient plus tard que dans le premier ou le second degré.
Cette entrée plus tardive peut réduire la durée de cotisation acquise au moment où l’âge légal est atteint. Certains enseignants-chercheurs prolongent donc leur activité afin de compléter leurs annuités, d’augmenter le nombre de trimestres validés et de limiter le risque de décote.
Les enseignants du supérieur peuvent aussi être maintenus en fonctions jusqu’au 31 août lorsqu’ils atteignent leur limite d’âge en cours d’année universitaire, si les besoins du service d’enseignement le justifient.
L’éméritat permet à certains enseignants-chercheurs retraités de continuer à participer à des activités scientifiques ou institutionnelles. Il ne doit toutefois pas être confondu avec une prolongation d’activité rémunérée.
Comment est calculée sa retraite enseignant ?
Le calcul de la pension de retraite d'un enseignant prend en compte plusieurs éléments :
- le traitement indiciaire brut de référence, c’est-à-dire la rémunération indiciaire détenue lors des six derniers mois d'activité ;
- le nombre de trimestres liquidables ;
- le nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein ;
- les éventuelles décotes ou surcotes.
La formule de calcul de la pension de retraite de base reste la suivante :
Dernier traitement indiciaire brut x (nombre de trimestres rémunérés / nombre de trimestres requis) x 75 %
La suspension de certaines mesures de la réforme des retraites ne modifie pas cette formule de calcul. En revanche, le nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein peut varier selon l’année de naissance.
Les primes et indemnités ne sont pas intégrées dans cette formule de base. Elles peuvent toutefois ouvrir des droits au titre de la RAFP, dans les limites prévues par ce régime.
Quel est le montant de la retraite d'un enseignant ?
Le montant de la retraite d'un enseignant varie en fonction de plusieurs facteurs :
- durée de cotisation,
- traitement indiciaire détenu en fin de carrière,
- âge de départ,
- niveau d’enseignement,
- primes,
- et éventuelle décote ou surcote.
Selon le Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2022-2023, publié par le ministère de l’Éducation nationale, la retraite moyenne brute d'un enseignant titulaire du public du premier degré parti à la retraite en 2021 s’élevait à 2 542 €. Pour les enseignants du second degré partis à la retraite la même année, la pension moyenne brute était de 2 715 €.
Ces données portent sur les départs observés en 2021. Elles donnent donc un ordre de grandeur, mais les montants peuvent avoir évolué depuis en fonction des revalorisations, des carrières individuelles, des primes, de la durée d’assurance et de l’âge de départ.
Réforme 2023 : impact sur la retraite des enseignants
La réforme des retraites de 2023 a modifié plusieurs paramètres pour les enseignants : âge légal de départ, durée d’assurance, départs anticipés pour carrière longue et accès à la retraite progressive.
Certaines mesures ont toutefois été suspendues ou aménagées pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026. Pour les enseignants de catégorie sédentaire, l’âge légal de 64 ans s’applique désormais aux agents nés à partir de 1969. Les générations précédentes sont concernées par des paliers progressifs.
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, les enseignants du premier degré peuvent partir à la retraite dès qu'ils atteignent leur âge d'ouverture des droits, sans avoir à terminer l'année scolaire. Cette mesure, déjà en place pour les enseignants du second degré, donne davantage de souplesse pour choisir sa date de départ.
La retraite progressive reste également ouverte aux fonctionnaires, y compris aux enseignants. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, elle est accessible dès 60 ans, sous réserve de justifier d’au moins 150 trimestres, d’exercer une activité à temps partiel et de remplir les conditions prévues.
Enfin, les départs anticipés pour carrière longue restent possibles, mais les conditions doivent être vérifiées selon l’année de naissance, l’âge de début d’activité et le nombre de trimestres cotisés.
Les démarches pour planifier son départ à la retraite en tant qu'enseignant
Pour bien préparer votre retraite en tant qu'enseignant, il est recommandé de vérifier régulièrement les informations enregistrées dans votre compte retraite.
Dès le début de votre parcours professionnel dans l'Éducation nationale, vous pouvez utiliser l’Espace numérique sécurisé de l'agent public (ENSAP). Cet espace permet de suivre votre carrière, de consulter certaines informations liées à la retraite et d’effectuer des démarches selon votre situation.
À partir de 45 ans, il est conseillé de vérifier l'exactitude des données de votre compte individuel retraite. Vous pouvez aussi demander un entretien d'information retraite auprès du Service des retraites de l’État pour obtenir des informations personnalisées.
À partir de 55 ans, l’estimation indicative globale permet d’obtenir une première projection du montant de votre future retraite. Cette estimation doit ensuite être affinée selon votre date réelle de départ, votre durée d’assurance, vos éventuelles primes et les choix de fin de carrière.
Comment réaliser sa demande de départ à la retraite ?
Pour demander votre départ à la retraite, il est recommandé d’anticiper les démarches au moins six mois avant la date souhaitée de cessation d’activité. Un dépôt trop tardif peut entraîner une interruption entre le dernier traitement et le premier versement de la pension.
La demande peut être réalisée via Info Retraite, via ENSAP si vous avez exclusivement travaillé comme fonctionnaire de l’État, ou par formulaire papier selon votre situation.
En parallèle, vous devez également transmettre une demande de radiation des cadres à votre service des ressources humaines, par la voie hiérarchique.
Une fois le dossier reçu, le Service des retraites de l'État calcule le montant de la pension et procède à sa concession. Vous recevez ensuite votre titre de pension.