Retraite des enseignants : que faut-il savoir ?
Les enseignants, les instituteurs, les professeurs des écoles et l’ensemble des agents des établissements scolaires publics font partie des fonctionnaires de l’Éducation nationale, et donc du régime de retraite de la Fonction publique d’État qui inclut une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoire.
Comment accéder à votre retraite à taux plein ? Quelles sont les spécificités de votre statut ? Quel est l'âge légal de départ à la retraite pour les enseignants ? Voici tout ce que vous devez savoir sur la retraite dans l'Éducation nationale.
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Retraite des fonctionnaires de l'Éducation nationale : quelles spécificités ?
Si vous êtes fonctionnaire de l'Éducation nationale, il est important que vous ayez connaissance que vous bénéficiez de plusieurs spécificités en matière de retraite.
- Les agents de l'Éducation nationale cotisent au régime de retraite du SRE (Service des retraites de l'État).
- Votre pension se base sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois de service.
- Les trimestres effectués en tant que fonctionnaire stagiaire ou à l’école normale sont également pris en compte et vous pouvez obtenir une bonification pour services.
- Pour ceux ayant occupé des emplois de catégorie active, comme les instituteurs, des départs anticipés sont possibles.
Le maintien en activité
Dans la fonction publique d’État en général, un agent ayant atteint l’âge limite de son emploi peut, sous conditions, solliciter un maintien en activité (ex. prolongation, recul de limite d’âge, maintien jusqu’à 70 ans dans certains cas).
Dans le cadre de l’Éducation nationale, les enseignants disposent de modalités particulières. Par exemple, pour les personnels du second degré, le maintien au-delà de la limite d’âge ne peut en principe être autorisé que jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle l’âge limite est atteint.
Ce maintien est possible, notamment si vous n’avez pas acquis le nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein, et à condition de justifier d’une aptitude physique pour continuer à exercer.
Par ailleurs, le dispositif de “seconde carrière” permet aux enseignants et, sous réserve de dispositions spécifiques, à d’autres agents de l’Éducation nationale de se reconvertir dans d’autres secteurs tout en continuant à percevoir une partie de leur pension.
À quel âge peut-on prendre sa retraite ?
Pour les enseignants, l'âge d'ouverture des droits à la retraite dépend de leur catégorie sédentaire ou active. Les enseignants de la catégorie active peuvent partir plus tôt à la retraite que les enseignants de la catégorie sédentaire. Cette distinction est liée à la pénibilité de leur travail. Dans tous les cas, pour obtenir une retraite à taux plein, il est nécessaire d'avoir cotisé le nombre requis de trimestres.
La retraite des enseignants du second degré
Les enseignants du second degré (collèges, lycées, etc.) appartiennent à la catégorie “sédentaire” de la fonction publique d’État.
En application avec la réforme de 2023, l’âge légal de départ à la retraite pour les personnels de l'Éducation nationale (incluant le second degré) passe donc progressivement de 62 à 64 ans. Par exemple, une personne née en 1963 peut partir à la retraite à 62 ans et 9 mois.
La durée de cotisation requise pour une pension à taux plein est également progressivement portée à 43 annuités (172 trimestres).
Si vous ne disposez pas du nombre de trimestres requis à votre âge d’ouverture des droits, vous pouvez prolonger votre activité, sous réserve des conditions applicables et des autorisations de l’administration.
La retraite des professeurs
Un professeur des écoles, formé soit dans un Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), un Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé), ou à l'université, est un professionnel de l'éducation qui appartient à la catégorie dite “sédentaire”.
À l’instar des enseignants du second degré, leur âge légal de départ à la retraite est passé à 64 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, soit 172 trimestres.
Pour obtenir une pension à taux plein, vous devez avoir cotisé le nombre de trimestres requis, dans le cas contraire, vous pouvez prolonger votre activité jusqu'à 67 ans pour éviter une décote.
En cas d'invalidité ou d'incapacité permanente, des mesures spécifiques permettent un départ anticipé.
La retraite des instituteurs
Un instituteur est un professionnel de l'éducation qui a suivi une formation dans une école normale, une institution qui n'existe plus depuis 1989. Les instituteurs en activité sont progressivement devenus professeurs des écoles, sur acte de candidature. En 2024, seule une poignée d'enseignants du primaire exerce encore sous ce statut.
Les instituteurs, ainsi que les professeurs des écoles ayant exercé en tant qu'instituteurs pendant au moins 15 ans, relèvent de la catégorie dite "active". Cette catégorie reconnaît les fatigues exceptionnelles liées à leur métier.
Depuis 2023, l'âge légal de départ à la retraite passe progressivement, à raison de trois mois par génération, de 57 à 59 ans pour les personnes nées à compter du 1ᵉʳ septembre 1966. La durée de cotisation sera comprise entre 168 et 172 trimestres selon l'année de naissance.
Selon les carrières, vous avez la possibilité de travailler après 62 ans afin d’ajouter des trimestres supplémentaires et ainsi d’augmenter le montant de votre retraite.
La retraite des enseignants-chercheurs
Les enseignants-chercheurs, qui regroupent notamment les maîtres de conférences et les professeurs des universités, sont des agents titulaires qui exercent une double activité au sein d'un établissement d'enseignement supérieur : l'enseignement et la recherche scientifique.
Selon le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, l'âge moyen de départ à la retraite pour ces agents de l'Éducation nationale était de 65,8 ans en 2021. Cet âge devrait augmenter suite la réforme des retraites de 2023, qui prévoit un passage progressif à 43 annuités de cotisation en fonction de votre année de naissance.
Cependant, cette augmentation du nombre de trimestres à valider, ajoutée au fait que beaucoup d’enseignants-chercheurs commencent leur carrière plus tardivement (après un doctorat et souvent plusieurs années de post-doctorat ou de contrats temporaires), réduit leur durée effective de cotisation. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains enseignants-chercheurs diffèrent leur retraite plus tard que d’autres professions, parfois jusqu’à 70 ans, afin de compléter leur carrière et éviter une décote.
Si leurs universités refusent cette demande de prolongation, ces retraités de l’enseignement supérieur et de la recherche seront dans l’obligation de partir avec une pension de retraite diminuée.
À l'inverse, certains enseignants-chercheurs, malgré leur départ à la retraite, continuent à contribuer à leur établissement en tant qu’« émérites », poursuivant une partie de leurs activités bénévolement.
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À l'instar des professeurs des écoles et des instituteurs de l'Éducation nationale, les enseignants-chercheurs sont affiliés au Régime Additionnel de la Fonction Publique (RAFP) pour compléter leur retraite de base par une retraite complémentaire.
Comment est calculée sa retraite ?
Le calcul de la pension de retraite d'un enseignant prend en compte plusieurs éléments :
- le traitement indiciaire brut de référence, qui correspond à la rémunération de base reçue lors des six derniers mois d'activité,
- le pourcentage de liquidation, qui est généralement de 75% pour tous les enseignants qui ont cotisé le nombre de trimestres requis
- la durée d'assurance, qui comprend le nombre de trimestres cotisés,
- le coefficient de majoration ou de minoration, qui peut augmenter ou diminuer le niveau de la pension. C'est-à-dire que si vous avez cotisé plus de trimestres que nécessaire, votre retraite sera majorée de 1,25% par trimestre supplémentaire. En revanche, si des trimestres manquent au moment du départ à la retraite, une décote sera appliquée.
La formule de calcul de la pension de retraite de base est la suivante : dernier traitement indiciaire brut x (nombre de trimestres rémunérés / nombre de trimestres requis) x 75%.
Quel est le montant de la retraite d'un enseignant ?
Le montant de la retraite d'un enseignant varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que la durée de cotisation, le dernier salaire perçu, l'âge de départ à la retraite ou encore le niveau d'enseignement.
Selon le panorama statistique des personnes de l'enseignement scolaire 2022-2023, publié par le ministère de l'Éducation nationale, la retraite moyenne brute d'un enseignant titulaire du public du premier degré (école maternelle et primaire) s'élevait, en 2021, à 2 542 euros.
En revanche, les enseignants du second degré (collège et lycées) bénéficient d'une pension supérieure. En effet, ceux qui sont partis à la retraite en 2021 perçoivent en moyenne une pension de 2 715 euros bruts.
Réforme 2023 : impact sur la retraite des enseignants
La réforme des retraites de 2023 a apporté plusieurs changements significatifs pour les enseignants.
Tout d'abord, l'âge légal de départ à la retraite a été relevé progressivement avec une augmentation de trois mois par année de naissance jusqu'à 2030 pour atteindre 64 ans pour la catégorie sédentaire et 59 ans pour la catégorie active.
De plus, depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, les enseignants du premier degré ont la possibilité de partir à la retraite dès qu'ils atteignent leur âge d'ouverture des droits, sans avoir à terminer l'année scolaire. Cette mesure, qui était déjà en place pour les enseignants du second degré, offre une plus grande flexibilité dans la planification de la retraite.
Ensuite, tous les fonctionnaires, y compris les enseignants, peuvent bénéficier du dispositif de retraite progressive deux ans avant l'âge légal de départ à la retraite.
Enfin, la réforme a également introduit de nouvelles dispositions pour un départ à la retraite anticipée pour carrière longue, alignant ainsi les fonctionnaires sur les salariés du privé.
Les démarches pour planifier son départ à la retraite en tant qu'enseignant
Pour bien préparer votre retraite en tant qu'enseignant, il est important de suivre plusieurs étapes.
Dès le début de votre parcours professionnel dans l'Éducation nationale, il est recommandé de vous inscrire sur l'Espace numérique sécurisé de l'agent public (ENSAP). Cet espace vous permet de suivre votre carrière et de gérer vos informations de retraite.
À partir de 45 ans, il est conseillé de vérifier régulièrement l'exactitude des données de votre compte individuel de retraite sur le site ensap.gouv.fr. Vous pouvez y simuler votre future pension et signaler toute anomalie à votre gestionnaire de carrière. Vous avez également la possibilité de demander un entretien d'information retraite auprès du Service des retraites de l’État pour obtenir des informations personnalisées sur votre situation.
Enfin, à partir de 55 ans, vous recevrez une estimation indicative globale (EIG) qui vous donnera une idée du montant de votre future retraite.
Comment réaliser sa demande de départ à la retraite ?
Pour initier votre départ à la retraite, il est essentiel de soumettre votre demande de pension à travers la voie hiérarchique, au minimum six mois avant la date prévue de votre cessation d'activité. Le non-respect de ce délai peut entraîner une interruption de paiement entre votre dernier salaire et le premier versement de votre retraite.
La demande de pension peut être effectuée de plusieurs façons : sur le site info-retraite.fr pour une pension inter-régime unique, sur ensap.gouv.fr si vous avez exclusivement travaillé en tant que fonctionnaire de l'État, ou via le formulaire EPR 11 envoyé par courrier postal.
Parallèlement, vous devez également soumettre une demande de radiation des cadres à votre service des ressources humaines, toujours par voie hiérarchique.
Une fois votre dossier reçu, le Service des retraites de l'État se chargera de calculer le montant de votre pension et de procéder à sa concession. Vous recevrez ensuite votre titre de pension par courrier.
Notez que le versement de votre pension est conditionné par le renvoi d'une déclaration à compléter, qui vous sera fournie par le Centre des retraites indiqué sur votre titre de pension.